TADIE : PROUST ET LE ROMAN
Courts extraits du livre essentiel de Jean-Yves Tadié, "Proust et le roman".
Cette rubrique ne dispense pas de l'achat du livre de Tadié, à lire dans sa continuité (440 pages).
Les courts extraits permettent une focalisation plus attentive sur tel ou tel thème.
L'interrogation d'une beauté presque sans cause, où le secret étouffe la révélation
"...l'étrange passage où, Albertine morte, le narrateur sent le coup d'oeil porté sur des jeunes filles renforcé, dans une union mystique, par celui qu'Albertine, "curieux, furtif, entreprenant, reflétant d'insaisissables pensées", eût posé sur elles.
Ce qui reste de ce langage muet du visage, c'est "le frisson d'un inconnu".
...la peinture s'arrête à l'interrogation d'une beauté presque sans cause, où le secret étouffe la révélation."
Proust et le roman, Jean-Yves Tadié, page 93
Tadié : tout est né du regard qu'un enfant avait un jour jeté sur un couple de lesbiennes inconnues
"Mlle Vinteuil, qui apparait dans une seule scène, n'a qu'un petit rôle dans le roman, si l'on s'en tient à sa présence physique; mais, par sa présence morale, elle en a un énorme (...)
la jalousie, Gomorrhe, et finalement la fuite et la mort de la jeune fille [Albertine], tout est né du regard qu'un enfant avait un jour jeté sur un couple de lesbiennes inconnues."
Jean-Yves Tadié, Proust et le roman, Personnage et relation, TEL GALLIMARD page 225

