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082 Le pianiste qui avait à jouer deux morceaux de Chopin

Le pianiste qui avait à jouer deux morceaux de Chopin, après avoir terminé le prélude, avait attaqué aussitôt une polonaise. Mais depuis que Mme de Gallardon avait signalé à sa cousine la présence de Swann, Chopin ressuscité aurait pu venir jouer lui-même toutes ses œuvres sans que Mme des Laumes pût y faire attention. Elle faisait partie d'une de ces deux moitiés de l'humanité chez qui la curiosité qu'a l'autre moitié pour les êtres qu'elle ne connaît pas est remplacée par l'intérêt pour les êtres qu'elle connaît. Comme beaucoup de femmes du faubourg Saint-Germain, la présence dans un endroit où elle se trouvait de quelqu'un de sa coterie, et auquel d'ailleurs elle n'avait rien de particulier à dire, accaparait exclusivement son attention aux dépens de tout le reste. À partir de ce moment, dans l'espoir que Swann la remarquerait, la princesse ne fit plus, comme une souris blanche apprivoisée à qui on tend puis on retire un morceau de sucre, que tourner sa figure, remplie de mille signes de connivence dénués de rapports avec le sentiment de la polonaise de Chopin, dans la direction où était Swann et si celui-ci changeait de place, elle déplaçait parallèlement son sourire aimanté.

– Oriane, ne te fâche pas, reprit Mme de Gallardon qui ne pouvait jamais s'empêcher de sacrifier ses plus grandes espérances sociales et d'éblouir un jour le monde, au plaisir obscur, immédiat et privé, de dire quelque chose de désagréable : il y a des gens qui prétendent que ce M. Swann, c'est quelqu'un qu'on ne peut pas recevoir chez soi, est-ce vrai ?

– Mais... tu dois bien savoir que c'est vrai, répondit la princesse des Laumes, puisque tu l'as invité cinquante fois et qu'il n'est jamais venu.

Et quittant sa cousine mortifiée, elle éclata de nouveau d'un rire qui scandalisa les personnes qui écoutaient la musique, mais attira l'attention de Mme de Saint-Euverte, restée par politesse près du piano et qui aperçut seulement alors la princesse. Mme de Saint-Euverte était d'autant plus ravie de voir Mme des Laumes qu'elle la croyait encore à Guermantes en train de soigner son beau-père malade.

– Mais comment, princesse, vous étiez là ?

– Oui, je m'étais mise dans un petit coin, j'ai entendu de belles choses.

– Comment, vous êtes là depuis déjà un long moment !

– Mais oui, un très long moment qui m'a semblé très court, long seulement parce que je ne vous voyais pas.

Mme de Saint-Euverte voulut donner son fauteuil à la princesse qui répondit :

– Mais pas du tout ! Pourquoi ? Je suis bien n'importe où !

Et, avisant, avec intention, pour mieux manifester sa simplicité de grande dame, un petit siège sans dossier :

– Tenez, ce pouf, c'est tout ce qu'il me faut. Cela me fera tenir droite. Oh ! mon Dieu, je fais encore du bruit, je vais me faire conspuer.

Cependant le pianiste redoublant de vitesse, l'émotion musicale était à son comble, un domestique passait des rafraîchissements sur un plateau et faisait tinter des cuillers et, comme chaque semaine, Mme de Saint-Euverte lui faisait, sans qu'il la vît, des signes de s'en aller. Une nouvelle mariée, à qui on avait appris qu'une jeune femme ne doit pas avoir l'air blasé, souriait de plaisir, et cherchait des yeux la maîtresse de maison pour lui témoigner par son regard sa reconnaissance d'avoir « pensé à elle » pour un pareil régal. Pourtant, quoique avec plus de calme que Mme de Franquetot, ce n'est pas sans inquiétude qu'elle suivait le morceau ; mais la sienne avait pour objet, au lieu du pianiste, le piano sur lequel une bougie tressautant à chaque fortissimo risquait, sinon de mettre le feu à l'abat-jour, du moins de faire des taches sur le palissandre. À la fin elle n'y tint plus et, escaladant les deux marches de l'estrade, sur laquelle était placé le piano, se précipita pour enlever la bobèche. Mais à peine ses mains allaient-elles la toucher que, sur un dernier accord, le morceau finit et le pianiste se leva. Néanmoins l'initiative hardie de cette jeune femme, la courte promiscuité qui en résulta entre elle et l'instrumentiste, produisirent une impression généralement favorable.

– Vous avez remarqué ce qu'a fait cette personne, princesse, dit le général de Froberville à la princesse des Laumes qu'il était venu saluer et que Mme de Saint-Euverte quitta un instant. C'est curieux. Est-ce donc une artiste ?

– Non, c'est une petite Mme de Cambremer, répondit étourdiment la princesse et elle ajouta vivement : Je vous répète ce que j'ai entendu dire, je n'ai aucune espèce de notion de qui c'est, on a dit derrière moi que c'étaient des voisins de campagne de Mme de Saint-Euverte, mais je ne crois pas que personne les connaisse. Ça doit être des « gens de la campagne » ! Du reste, je ne sais pas si vous êtes très répandu dans la brillante société qui se trouve ici, mais je n'ai pas idée du nom de toutes ces étonnantes personnes. À quoi pensez-vous qu'ils passent leur vie en dehors des soirées de Mme de Saint-Euverte ? Elle a dû les faire venir avec les musiciens, les chaises et les rafraîchissements. Avouez que ces « invités de chez Belloir » sont magnifiques. Est-ce que vraiment elle a le courage de louer ces figurants toutes les semaines. Ce n'est pas possible !

– Ah ! Mais Cambremer, c'est un nom authentique et ancien, dit le général.

– Je ne vois aucun mal à ce que ce soit ancien, répondit sèchement la princesse, mais en tous cas ce n'est pas euphonique, ajouta-t-elle en détachant le mot euphonique comme s'il était entre guillemets, petite affectation de dépit qui était particulière à la coterie Guermantes.

– Vous trouvez ? Elle est jolie à croquer, dit le général qui ne perdait pas Mme de Cambremer de vue. Ce n'est pas votre avis, princesse ?

– Elle se met trop en avant, je trouve que chez une si jeune femme, ce n'est pas agréable, car je ne crois pas qu'elle soit ma contemporaine, répondit Mme des Laumes (cette expression étant commune aux Gallardon et aux Guermantes).

Mais la princesse voyant que M. de Froberville continuait à regarder Mme de Cambremer, ajouta moitié par méchanceté pour celle-ci, moitié par amabilité pour le général : « Pas agréable... pour son mari ! Je regrette de ne pas la connaître puisqu'elle vous tient à cœur, je vous aurais présenté », dit la princesse qui probablement n'en aurait rien fait si elle avait connu la jeune femme. « Je vais être obligée de vous dire bonsoir, parce que c'est la fête d'une amie à qui je dois aller la souhaiter, dit-elle d'un ton modeste et vrai, réduisant la réunion mondaine à laquelle elle se rendait à la simplicité d'une cérémonie ennuyeuse, mais où il était obligatoire et touchant d'aller. D'ailleurs je dois y retrouver Basin qui, pendant que j'étais ici, est allé voir ses amis que vous connaissez, je crois, qui ont un nom de pont, les Iéna. »

– Ç'a été d'abord un nom de victoire, princesse, dit le général. Qu'est-ce que vous voulez, pour un vieux briscard comme moi, ajouta-t-il en ôtant son monocle pour l'essuyer, comme il aurait changé un pansement, tandis que la princesse détournait instinctivement les yeux, cette noblesse d'Empire, c'est autre chose bien entendu, mais enfin, pour ce que c'est, c'est très beau dans son genre, ce sont des gens qui en somme se sont battus en héros.

– Mais je suis pleine de respect pour les héros, dit la princesse, sur un ton légèrement ironique : si je ne vais pas avec Basin chez cette princesse d'Iéna, ce n'est pas du tout pour ça, c'est tout simplement parce que je ne les connais pas. Basin les connaît, les chérit. Oh ! non, ce n'est pas ce que vous pouvez penser, ce n'est pas un flirt, je n'ai pas à m'y opposer ! Du reste, pour ce que cela sert quand je veux m'y opposer ! ajouta-t-elle d'une voix mélancolique, car tout le monde savait que dès le lendemain du jour où le prince des Laumes avait épousé sa ravissante cousine, il n'avait pas cessé de la tromper. Mais enfin ce n'est pas le cas, ce sont des gens qu'il a connus autrefois, il en fait ses choux gras, je trouve cela très bien. D'abord je vous dirai que rien que ce qu'il m'a dit de leur maison... Pensez que tous leurs meubles sont « Empire » !

– Mais, princesse, naturellement, c'est parce que c'est le mobilier de leurs grands-parents.

– Mais je ne vous dis pas, mais ça n'est pas moins laid pour ça. Je comprends très bien qu'on ne puisse pas avoir de jolies choses, mais au moins qu'on n'ait pas de choses ridicules. Qu'est-ce que vous voulez ? je ne connais rien de plus pompier, de plus bourgeois que cet horrible style avec ces commodes qui ont des têtes de cygnes comme des baignoires.

– Mais je crois même qu'ils ont de belles choses, ils doivent avoir la fameuse table de mosaïque sur laquelle a été signé le traité de...

– Ah ! Mais qu'ils aient des choses intéressantes au point de vue de l'histoire, je ne vous dis pas. Mais ça ne peut pas être beau... puisque c'est horrible ! Moi j'ai aussi des choses comme ça que Basin a héritées des Montesquiou. Seulement elles sont dans les greniers de Guermantes où personne ne les voit. Enfin, du reste, ce n'est pas la question, je me précipiterais chez eux avec Basin, j'irais les voir même au milieu de leurs sphinx et de leur cuivre si je les connaissais, mais... je ne les connais pas ! Moi, on m'a toujours dit quand j'étais petite que ce n'était pas poli d'aller chez les gens qu'on ne connaissait pas, dit-elle en prenant un ton puéril. Alors, je fais ce qu'on m'a appris. Voyez-vous ces braves gens s'ils voyaient entrer une personne qu'ils ne connaissent pas ? Ils me recevraient peut-être très mal ! dit la princesse.

Et par coquetterie elle embellit le sourire que cette supposition lui arrachait, en donnant à son regard bleu fixé sur le général une expression rêveuse et douce.

– Ah ! princesse, vous savez bien qu'ils ne se tiendraient pas de joie...

– Mais non, pourquoi ? lui demanda-t-elle avec une extrême vivacité, soit pour ne pas avoir l'air de savoir que c'est parce qu'elle était une des plus grandes dames de France, soit pour avoir le plaisir de l'entendre dire au général. Pourquoi ? Qu'en savez-vous ? Cela leur serait peut-être tout ce qu'il y a de plus désagréable. Moi je ne sais pas, mais si j'en juge par moi, cela m'ennuie déjà tant de voir les personnes que je connais, je crois que s'il fallait voir des gens que je ne connais pas, « même héroïques », je deviendrais folle. D'ailleurs, voyons, sauf lorsqu'il s'agit de vieux amis comme vous qu'on connaît sans cela, je ne sais pas si l'héroïsme serait d'un format très portatif dans le monde. Ça m'ennuie déjà souvent de donner des dîners, mais s'il fallait offrir le bras à Spartacus pour aller à table... Non vraiment, ce ne serait jamais à Vercingétorix que je ferais signe comme quatorzième. Je sens que je le réserverais pour les grandes soirées. Et comme je n'en donne pas...

– Ah ! princesse, vous n'êtes pas Guermantes pour des prunes. Le possédez-vous assez, l'esprit des Guermantes !

– Mais on dit toujours l'esprit des Guermantes, je n'ai jamais pu comprendre pourquoi. Vous en connaissez donc d'autres qui en aient, ajouta-t-elle dans un éclat de rire écumant et joyeux, les traits de son visage concentrés, accouplés dans le réseau de son animation, les yeux étincelants, enflammés d'un ensoleillement radieux de gaieté que seuls avaient le pouvoir de faire rayonner ainsi les propos, fussent-ils tenus par la princesse elle-même, qui étaient une louange de son esprit ou de sa beauté. Tenez, voilà Swann qui a l'air de saluer votre Cambremer ; là... il est à côté de la mère Saint-Euverte, vous ne voyez pas ! Demandez-lui de vous présenter. Mais dépêchez-vous, il cherche à s'en aller !

– Avez-vous remarqué quelle affreuse mine il a ? dit le général.

– Mon petit Charles ! Ah ! enfin il vient, je commençais à supposer qu'il ne voulait pas me voir !

Swann aimait beaucoup la princesse des Laumes, puis sa vue lui rappelait Guermantes, terre voisine de Combray, tout ce pays qu'il aimait tant et où il ne retournait plus pour ne pas s'éloigner d'Odette. Usant des formes mi-artistes, mi-galantes, par lesquelles il savait plaire à la princesse et qu'il retrouvait tout naturellement quand il se retrempait un instant dans son ancien milieu – et voulant d'autre part pour lui-même exprimer la nostalgie qu'il avait de la campagne :

– Ah ! dit-il à la cantonade, pour être entendu à la fois de Mme de Saint-Euverte à qui il parlait et de Mme des Laumes pour qui il parlait, voici la charmante princesse ! Voyez, elle est venue tout exprès de Guermantes pour entendre le Saint François d'Assise de Liszt et elle n'a eu le temps, comme une jolie mésange, que d'aller piquer pour les mettre sur sa tête quelques petits fruits de prunier des oiseaux et d'aubépine ; il y a même encore de petites gouttes de rosée, un peu de la gelée blanche qui doit faire gémir la duchesse. C'est très joli, ma chère princesse.

– Comment, la princesse est venue exprès de Guermantes ? Mais c'est trop ! Je ne savais pas, je suis confuse, s'écria naïvement Mme de Saint-Euverte qui était peu habituée au tour d'esprit de Swann. Et examinant la coiffure de la princesse : Mais c'est vrai, cela imite... comment dirais-je, pas les châtaignes, non oh ! c'est une idée ravissante ! Mais comment la princesse pouvait-elle connaître mon programme ! Les musiciens ne me l'ont même pas communiqué à moi.

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082 The pianist, who was ‘down’ to play

Submitted by proust on Sun, 09/27/2009 - 00:58.

The pianist, who was ‘down’ to play two pieces by Chopin, after finishing the Prelude had at once attacked a Polonaise. But once Mme. de Gallardon had informed her cousin that Swann was in the room, Chopin himself might have risen from the grave and played all his works in turn without Mme. des Laumes’s paying him the slightest attention. She belonged to that one of the two divisions of the human race in which the untiring curiosity which the other half feels about the people whom it does not know is replaced by an unfailing interest in the people whom it does. As with many women of the Faubourg Saint-Germain, the presence, in any room in which she might find herself, of another member of her set, even although she had nothing in particular to say to him, would occupy her mind to the exclusion of every other consideration. From that moment, in the hope that Swann would catch sight of her, the Princess could do nothing but (like a tame white mouse when a lump of sugar is put down before its nose and then taken away) turn her face, in which were crowded a thousand signs of intimate connivance, none of them with the least relevance to the sentiment underlying Chopin’s music, in the direction where Swann was, and, if he moved, divert accordingly the course of her magnetic smile.

“Oriane, don’t be angry with me,” resumed Mme. de Gallardon, who could never restrain herself from sacrificing her highest social ambitions, and the hope that she might one day emerge into a light that would dazzle the world, to the immediate and secret satisfaction of saying something disagreeable, “people do say about your M. Swann that he’s the sort of man one can’t have in the house; is that true?”

“Why, you, of all people, ought to know that it’s true,” replied the Princesse des Laumes, “for you must have asked him a hundred times, and he’s never been to your house once.”

And leaving her cousin mortified afresh, she broke out again into a laugh which scandalised everyone who was trying to listen to the music, but attracted the attention of Mme. de Saint-Euverte, who had stayed, out of politeness, near the piano, and caught sight of the Princess now for the first time. Mme. de Saint-Euverte was all the more delighted to see Mme. des Laumes, as she imagined her to be still at Guermantes, looking after her father-in-law, who was ill.

“My dear Princess, you here?”

“Yes, I tucked myself away in a corner, and I’ve been hearing such lovely things.”

“What, you’ve been in the room quite a time?”

“Oh, yes, quite a long time, which seemed very short; it was only long because I couldn’t see you.”

Mme. de Saint-Euverte offered her own chair to the Princess, who declined it with:

“Oh, please, no! Why should you? It doesn’t matter in the least where I sit.” And deliberately picking out, so as the better to display the simplicity of a really great lady, a low seat without a back: “There now, that hassock, that’s all I want. It will make me keep my back straight. Oh! Good heavens, I’m making a noise again; they’ll be telling you to have me ‘chucked out’.”

Meanwhile, the pianist having doubled his speed, the emotion of the music-lovers was reaching its climax, a servant was handing refreshments about on a salver, and was making the spoons rattle, and, as on every other ‘party-night’, Mme. de Saint-Euverte was making signs to him, which he never saw, to leave the room. A recent bride, who had been told that a young woman ought never to appear bored, was smiling vigorously, trying to catch her hostess’s eye so as to flash a token of her gratitude for the other’s having ‘thought of her’ in connection with so delightful an entertainment. And yet, although she remained more calm than Mme. de Franquetot, it was not without some uneasiness that she followed the flying fingers; what alarmed her being not the pianist’s fate but the piano’s, on which a lighted candle, jumping at each fortissimo, threatened, if not to set its shade on fire, at least to spill wax upon the ebony. At last she could contain herself no longer, and, running up the two steps of the platform on which the piano stood, flung herself on the candle to adjust its sconce. But scarcely had her hand come within reach of it when, on a final chord, the piece finished, and the pianist rose to his feet. Nevertheless the bold initiative shewn by this young woman and the moment of blushing confusion between her and the pianist which resulted from it, produced an impression that was favourable on the whole.

“Did you see what that girl did just now, Princess?” asked General de Froberville, who had come up to Mme. des Laumes as her hostess left her for a moment. “Odd, wasn’t it? Is she one of the performers?”

“No, she’s a little Mme. de Cambremer,” replied the Princess carelessly, and then, with more animation: “I am only repeating what I heard just now, myself; I haven’t the faintest notion who said it, it was some one behind me who said that they were neighbours of Mme. de Saint-Euverte in the country, but I don’t believe anyone knows them, really. They must be ‘country cousins’! By the way, I don’t know whether you’re particularly ‘well-up’ in the brilliant society which we see before us, because I’ve no idea who all these astonishing people can be. What do you suppose they do with themselves when they’re not at Mme. de Saint-Euverte’s parties? She must have ordered them in with the musicians and the chairs and the food. ‘Universal providers,’ you know. You must admit, they’re rather splendid, General. But can she really have the courage to hire the same ‘supers’ every week? It isn’t possible!”

“Oh, but Cambremer is quite a good name; old, too,” protested the General.

“I see no objection to its being old,” the Princess answered dryly, “but whatever else it is it’s not euphonious,” she went on, isolating the word euphonious as though between inverted commas, a little affectation to which the Guermantes set were addicted.

“You think not, eh! She’s a regular little peach, though,” said the General, whose eyes never strayed from Mme. de Cambremer. “Don’t you agree with me, Princess?”

“She thrusts herself forward too much; I think, in so young a woman, that’s not very nice—for I don’t suppose she’s my generation,” replied Mme. des Laumes (the last word being common, it appeared, to Gallardon and Guermantes). And then, seeing that M. de Froberville was still gazing at Mme. de Cambremer, she added, half out of malice towards the lady, half wishing to oblige the General: “Not very nice... for her husband! I am sorry that I do not know her, since she seems to attract you so much; I might have introduced you to her,” said the Princess, who, if she had known the young woman, would most probably have done nothing of the sort. “And now I must say good night, because one of my friends is having a birthday party, and I must go and wish her many happy returns,” she explained, modestly and with truth, reducing the fashionable gathering to which she was going to the simple proportions of a ceremony which would be boring in the extreme, but at which she was obliged to be present, and there would be something touching about her appearance. “Besides, I must pick up Basin. While I’ve been here, he’s gone to see those friends of his—you know them too, I’m sure,—who are called after a bridge—oh, yes, the Iénas.”

“It was a battle before it was a bridge, Princess; it was a victory!” said the General. “I mean to say, to an old soldier like me,” he went on, wiping his monocle and replacing it, as though he were laying a fresh dressing on the raw wound underneath, while the Princess instinctively looked away, “that Empire nobility, well, of course, it’s not the same thing, but, after all, taking it as it is, it’s very fine of its kind; they were people who really did fight like heroes.”

“But I have the deepest respect for heroes,” the Princess assented, though with a faint trace of irony. “If I don’t go with Basin to see this Princesse d’Iéna, it isn’t for that, at all; it’s simply because I don’t know them. Basin knows them; he worships them. Oh, no, it’s not what you think; he’s not in love with her. I’ve nothing to set my face against! Besides, what good has it ever done when I have set my face against them?” she queried sadly, for the whole world knew that, ever since the day upon which the Prince des Laumes had married his fascinating cousin, he had been consistently unfaithful to her. “Anyhow, it isn’t that at all. They’re people he has known for ever so long, they do him very well, and that suits me down to the ground. But I must tell you what he’s told me about their house; it’s quite enough. Can you imagine it, all their furniture is ‘Empire’!”

“But, my dear Princess, that’s only natural; it belonged to their grandparents.”

“I don’t quite say it didn’t, but that doesn’t make it any less ugly. I quite understand that people can’t always have nice things, but at least they needn’t have things that are merely grotesque. What do you say? I can think of nothing more devastating, more utterly smug than that hideous style—cabinets covered all over with swans’ heads, like bath-taps!”

“But I believe, all the same, that they’ve got some lovely things; why, they must have that famous mosaic table on which the Treaty of...”

“Oh, I don’t deny, they may have things that are interesting enough from the historic point of view. But things like that can’t, ever, be beautiful ... because they’re simply horrible! I’ve got things like that myself, that came to Basin from the Montesquious. Only, they’re up in the attics at Guermantes, where nobody ever sees them. But, after all, that’s not the point, I would fly to see them, with Basin; I would even go to see them among all their sphinxes and brasses, if I knew them, but—I don’t know them! D’you know, I was always taught, when I was a little girl, that it was not polite to call on people one didn’t know.” She assumed a tone of childish gravity. “And so I am just doing what I was taught to do. Can’t you see those good people, with a totally strange woman bursting into their house? Why, I might get a most hostile reception.”

And she coquettishly enhanced the charm of the smile which the idea had brought to her lips, by giving to her blue eyes, which were fixed on the General, a gentle, dreamy expression.

“My dear Princess, you know that they’d be simply wild with joy.”

“No, why?” she inquired, with the utmost vivacity, either so as to seem unaware that it would be because she was one of the first ladies in France, or so as to have the pleasure of hearing the General tell her so. “Why? How can you tell? Perhaps they would think it the most unpleasant thing that could possibly happen. I know nothing about them, but if they’re anything like me, I find it quite boring enough to see the people I do know; I’m sure if I had to see people I didn’t know as well, even if they had ‘fought like heroes,’ I should go stark mad. Besides, except when it’s an old friend like you, whom one knows quite apart from that, I’m not sure that ‘heroism’ takes one very far in society. It’s often quite boring enough to have to give a dinner-party, but if one had to offer one’s arm to Spartacus, to let him take one down...! Really, no; it would never be Vercingetorix I should send for, to make a fourteenth. I feel sure, I should keep him for really big ‘crushes.’ And as I never give any...”

“Ah! Princess, it’s easy to see you’re not a Guermantes for nothing. You have your share of it, all right, the ‘wit of the Guermantes’!”

“But people always talk about the wit of the Guermantes; I never could make out why. Do you really know any others who have it?” she rallied him, with a rippling flow of laughter, her features concentrated, yoked to the service of her animation, her eyes sparkling, blazing with a radiant sunshine of gaiety which could be kindled only by such speeches—even if the Princess had to make them herself—as were in praise of h wit or of her beauty. “Look, there’s Swann talking to your Cambremer woman; over there, beside old Saint-Euverte, don’t you see him? Ask him to introduce you. But hurry up, he seems to be just going!”

“Did you notice how dreadfully ill he’s looking?” asked the General.

“My precious Charles? Ah, he’s coming at last; I was beginning to think he didn’t want to see me!”

Swann was extremely fond of the Princesse des Laumes, and the sight of her recalled to him Guermantes, a property close to Combray, and all that country which he so dearly loved and had ceased to visit, so as not to be separated from Odette. Slipping into the manner, half-artistic, half-amorous—with which he could always manage to amuse the Princess—a manner which came to him quite naturally whenever he dipped for a moment into the old social atmosphere, and wishing also to express in words, for his own satisfaction, the longing that he felt for the country:

“Ah!” he exclaimed, or rather intoned, in such a way as to be audible at once to Mme. de Saint-Euverte, to whom he spoke, and to Mme. des Laumes, for whom he was speaking, “Behold our charming Princess! See, she has come up on purpose from Guermantes to hear Saint Francis preach to the birds, and has only just had time, like a dear little tit-mouse, to go and pick a few little hips and haws and put them in her hair; there are even some drops of dew upon them still, a little of the hoar-frost which must be making the Duchess, down there, shiver. It is very pretty indeed, my dear Princess.”

“What! The Princess came up on purpose from Guermantes? But that’s too wonderful! I never knew; I’m quite bewildered,” Mme. de Saint-Euverte protested with quaint simplicity, being but little accustomed to Swann’s way of speaking. And then, examining the Princess’s headdress, “Why, you’re quite right; it is copied from... what shall I say, not chestnuts, no,—oh, it’s a delightful idea, but how can the Princess have known what was going to be on my programme? The musicians didn’t tell me, even.”




Marcel Proust - A la recherche du temps perdu - Texte intégral en français

Remembrance of Things Past (In Search of Lost Time), translated from the French by C. K. Scott Moncrieff

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