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MARCEL PROUST : A L'OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS - RESUME

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU - MARCEL PROUST

Résumé détaillé. - 2/7 : A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Première partie : AUTOUR DE Mme SWANN

Coup de barre et changement de direction dans les caractères. Devenu le mari d'Odette, Swann, qui cachait jadis des invitations brillantes, étale avec fierté des relations moins reluisantes ; Le professeur Cottard s'est composé un air glacial, mieux accordé à sa nouvelle situation.

Le marquis de Norpois. En servant la république, le marquis de Norpois prouve que la consanguinité des esprits rapproche plus que la communauté des opinions. L'amitié qu'il témoigne à mon père ; ma mère lui pardonne sa conversation surannée et s'émerveille de sa politesse et de sa ponctualité. Son premier dîner chez nous, le soir du jour où, grâce à son intervention, je suis allé entendre la Berma. Mieux : il a conseillé à mon père de ne pas contrarier ma vocation littéraire.

La matinée de la Berma. Ma joie d'aller entendre la Berma dans Phèdre, dont le nom seul illumine l'actrice de son prestige. Mes craintes de tomber malade ou de contrarier Maman en allant au théâtre pèsent soudain peu auprès du désir que me soient révélées des vérités appartenant à un monde plus réel que celui où je vivais. Ma déception. Le génie culinaire de Françoise. Mon plaisir au théâtre avant le lever du rideau. Mon inquiétude devant la mauvaise éducation du public. Entrée en scène de la Berma. Ma déception en l'entendant. L'enthousiasme du public.

Le dîner avec le marquis de Norpois. Par sa seule façon de me parler de la littérature, le marquis de Norpois me persuade qu'elle m'est tout à fait étrangère. Ses conseils sur les placements en bourse. Il lit sans le moindre commentaire mon petit poème en prose. J'avoue avoir été déçu par la Berma. L'éloge qu'en fait Norpois me convainc que je n'ai pas été déçu. Le boeuf aux carottes de Françoise. La salade d'ananas et de truffes. Commentaire sur la visite du roi Théodose II à Paris et sur le rapprochement préparé par Vaugoubert. Projet de vacances à Balbec dont l'église, selon Norpois, "mérite une visite si on est dans le pays". Opinion de Norpois sur le couple Swann ; comment il explique leur mariage. Quelques explications complémentaires. Mme Swann et le comte de Paris. Sévère jugement de Norpois sur l'art de Bergotte et sur mon poème en prose. Je suis consterné. La moralité douteuse de Bergotte. Gilberte a paru charmante à Norpois. Pourquoi Norpois ne parlera jamais de moi à Mme Swann.

Après le dîner. Lisant un éloge de la Berma dans le journal, j'en viens à m'écrier : "Quelle grande artiste !". En acceptant ma vocation littéraire parce qu'il pense que mes goûts ne changeront plus, mon père me fait apparaître à moi-même dans le Temps et me cause de la peine. Commentaires de mes parents sur la visite de Norpois. Les secrets culinaires de Françoise. Comment elle juge les restaurants parisiens.

Retour de Gilberte aux Champs-Elysées. Mes visites du 1er janvier. Espoir d'une amitié neuve avec Gilberte. Vanité de cet espoir. Sentiment de vieillesse. Ma nostalgie en songeant à la Berma. Interférence de nos désirs. Les palais de Gabriel. Je ne me souviens plus des traits de Gilberte. Gilberte revient aux Champs-Elysées. Ses parents ne me "gobent" pas. J'écris à Swann une longue lettre qui ne fait que renforcer son hostilité à mon égard. L'odeur de renfermé du petit pavillon des Champs-Elysées. La "marquise". Lutte érotique avec Gilberte. C'est la petite pièce de mon oncle Adolphe, à Combray, que me rappelle le parfum d'humidité du petit pavillon. Je tombe malade. Le plaisir de retrouver Gilberte me donne pourtant la force d'aller aux Champs-Elysées. Rôle tenu par ma grand-mère au cours de mes crises d'étouffement. Le diagnostic de Cottard. On parle de ne plus m'envoyer aux Champs-Elysées.

Mon intimité avec les Swann. Une lettre de Gilberte. Les lois qui régissent les situations amoureuses sont magiques plutôt que rationnelles. Comment le snobisme de Bloch a conduit Cottard à me rendre, auprès de Mme Swann, le service que Norpois m'avait refusé. Je deviens un familier de l'appartement des Swann. L'amabilité de Swann à mon égard. Le papier à lettres de Gilberte. Prestige de tout ce qui touche aux Swann : leur escalier. Les gâteaux architecturaux de Gilberte ; "mon thé". Mme Swann s'échappe de son salon pour venir bavarder avec nous ; son éloge de notre vieille "nurse" [Françoise]. Au coeur du Sanctuaire : la bibliothèque des Swann ; la chambre de Mme Swann. Les expressions favorites de Mme Swann. Swann effrayé par le nombre de visites reçues par sa femme ; les impertinences de Gilberte. La fameuse "Albertine", nièce de Mme Bontemps. Comment Swann demeure fidèle à l'esprit des Guermantes quand il vante ses nouvelles relations. Les conquêtes de Mme Swann vues par ma mère. La catégorie des "Etranger, va dire à Sparte!". Pareille à un kaléidoscope qui compose des figures différentes, la société change ses critères. L'affaire Dreyfus n'ayant pas éclaté, Sir Rufus et Lady Israëls occupent encore une situation mondaine brillante. L'ignorance d'Odette en matière mondaine. L'aveuglement de Swann. Pourquoi Odette a été tenue à l'écart du faubourg Saint-Germain. Les visites de Swann sont inspirées par des goûts de lettré et d'artiste, mais aussi par une curiosité de sociologue ; il compose des "bouquets sociaux" - ce qu'Odette appelle des "conjonctions". Comment, ayant cessé d'être jaloux à l'égard d'Odette, Swann a gardé avec elle les habitudes de la jalousie. Amoureux d'une autre femme, il retrouve son ancienne angoisse, mais ne se soucie pas de provoquer la jalousie d'Odette.

Mes sorties avec les Swann. Je suis admis aux sorties des Swann. La perspective émotionnante des déjeuners chez eux. Mes attentes dans le petit salon. Les amabilités de Swann. L'arrivée de sa femme. Les mystères de la maison des Swann. Mme Swann me joue la Sonate de Vinteuil. Les chefs-d'oeuvre ne nous livrent pas d'emblée ce qu'ils ont de meilleur. Comment ils créent eux-mêmes leur postérité. La Sonate évoque pour Swann les feuillages sous lesquels il a jadis entendu la petite phrase. Mme Blatin au jardin d'Acclimatation. La princesse Mathilde : ses propos sur Taine, sur Musset. Impatience de Swann. La princesse a été invitée à se rendre aux Invalides. Mme Swann croit que Bloch s'appelle Moreul. L'engagement dans l'armée russe du prince Louis. Le divin sourire de la princesse. Autres distractions de l'hiver. Dureté imprévue de Gilberte.

Le déjeuner avec Bergotte. Mme Swann m'invite à un déjeuner de seize personnes. Le maître d'hôtel me remet une enveloppe dont je ne sais que faire. Ma surprise quand je découvre que Bergotte figure parmi les invités. Le doux Chantre aux cheveux blancs, mais aussi la beauté de son oeuvre, réduits en poudre par l'homme au nez en colimaçon et à la barbiche noire. Les noms sont des dessinateurs fantaisistes. Mon doute sur la véritable originalité des grands écrivains. L'oeillet à la boutonnière et le caviar. La voix bizarre de Bergotte me semble d'abord différente de sa manière d'écrire. Le "Bergotte" diffère du "genre Bergotte" que ses imitateurs se sont approprié : la beauté de la phrase des grands écrivains est imprévisible. Comment, moyennant une transposition, je pus plus tard rapporter à son style écrit les paroles prononcées par Bergotte. L'accent de Bergotte ; cet accent est plus marqué encore dans ses ouvrages. L'accent familial transposé dans sa prose. Tel un avion, le génie doit transformer en force ascensionnelle une vitesse horizontale. Les goûts littéraires de Bergotte. Comment il apprécie ses propres oeuvres. Sa déférence envers des gens qui lui sont inférieurs. Ses vices ; solution donnée par l'écrivain au problème moral. Le public mieux informé qu'avant de la vie privée des écrivains. La petite Phèdre du VIe siècle. Le "ravissant opuscule" de Bergotte sur Phèdre. Bergotte me laisse raconter mes impressions sur la représentation. Norpois est un "vieux serin". Mauvaise humeur de Swann contre moi. Les deux natures, de M. et Mme Swann, présentes en Gilberte, tour à tour bonne et fourbe. Ma présence "élève le niveau de la conversation". N'existe-t-il qu'une intelligence, dont tout le monde est colocataire ? Au retour, Bergotte me parle de ma santé. "Les plaisirs de l'intelligence sont bien peu de chose pour moi". Bergotte me conseille le docteur du Boulbon. Sa malveillance. Pour quelles raisons Swann m'a-t-il fait la faveur de me présenter à Bergotte ? Réaction défavorable de mes parents. Leur volte-face.

Comment je cesse momentanément de voir Gilberte et quel chagrin j'en éprouve. Le salon de Mme Swann. Pourquoi je n'invite pas Gilberte chez mes parents. Révélation de Bloch sur l'amour. La maison où il me conduit. "Rachel quand du Seigneur." Les meubles de ma tante Léonie. Pourquoi j'ajourne toujours le moment de me mettre au travail. Il y a dans l'amour une souffrance permanente. Ma dernière visite à Gilberte. Sa mère l'empêche d'aller danser. Incompréhension réciproque : je prends la résolution de ne plus la voir. Tempête qui succède au chagrin. Equilibre difficile entre la fierté et le chagrin. Je décide d'aller le lendemain chez les Swann. Ma haine injustifiée contre le maître d'hôtel. Ma soufrance accrue par le constant espoir de la voir cesser. Renonçant pour toujours à Gilberte, je vais voir Mme Swann en l'absence de sa fille, avec le sentiment que ces visites améliorent l'idée que Gilberte a de moi. Mon espérance demeure pourtant intacte. Le "jardin d'hiver" de Mme Swann ; ses "thés" ; ses fleurs ; un salon senza rigore ; les chrysanthèmes. Propos mondains : Mme Bontemps, Mme Cottard ; effronterie d'Albertine. Intrusion de Swann ; le prince d'Agrigente. Odette envie à Mme Verdurin l'exercice des Arts du Néant. Mme Verdurin chez Odette. Mme Bontemps ravie d'être invitée aux mercredis des Verdurin. Nouveaux papotages. La passion du professeur Cottard.

Suite du chagrin que me cause ma séparation avec Gilberte. Les progrès irréguliers de l'oubli. Je réitère ma résolution de rupture avec Gilberte. Ier janvier particulièrement douloureux. C'est le choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre. J'attends une lettre de Gilberte. Suicide du moi qui en moi-même aimait Gilberte. On est toujours détaché des êtres. Elasticité du temps. De maladroites interventions de tiers annulent les effets de ma réserve envers Gilberte. J'entrevois qu'un jour, la réussite de ma stratégie me laissera indifférent. Le salon de Mme Swann : l'Extrême-Orient recule devant l'invasion du XVIIIe siècle. Les peignoirs Watteau. A ses traits changeants, Odette a substitué une jeunesse immortelle. Pour Swann, elle demeure un Botticelli. Evolution de la mode et des silhouettes féminines. Elegance de Mme Swann. L'oubli cause moins de souffrances que l'amour malheureux. Je décide soudain d'aller voir Gilberte. Ayant vendu la potiche de vieux Chine qui me vient de ma tante Léonie, j'aperçois Gilberte descendant l'avenue des Champs-Elysées à côté d'un jeune homme. Impossibilité psychologique du bonheur. Aux forces de ma mémoire, qui m'offrent de Gilberte des images désagréables, s'opposent celles, plus complaisantes, de mon imagination. Je refuse d'aller à un dîner où j'aurais rencontré Albertine. Le chagrin ranimé par les souvenirs est plus cruel que celui que nous cause la pensée constante de la personne elle-même. Quand il arrive enfin, le bonheur n'est plus celui que nous avions souhaité ; notre moi lui-même a changé. Un rêve me révèle que la fausseté de Gilberte continue de me faire mal. J'interprète son antipathie comme un châtiment. Retour au calme. L'allusion à un mystérieux malentendu : "La vie a pu nous séparer". l'évocation de notre amour au passé me fait fondre en larmes.

Elégance et beauté de Mme Swann. Les fourrures de Mme Swann ; les "boules de neige" me donnent la nostalgie de Combray. Promenades de Mme Swann le dimanche au Bois ; la suite de ses admirateurs ; les rites de sa toilette. Les barrières de la richesse. La beauté triomphante de Mme Swann. Les salueurs. Longévité des sensations poétiques.

Deuxième partie : NOMS DE PAYS : LE PAYS

Le voyage et l'arrivée à Balbec. Deux ans plus tard, je pars pour Balbec avec ma grand-mère. Indifférence intermittente à l'égard de Gilberte. L'oubli, condition nécessaire à la resurrection de la meilleure part de notre mémoire. Les effets contradictoires de l'Habitude. Plaisir spécifique du voyage. Les gares, lieux merveilleux et tragiques. Révolte de mon corps. Comment ma grand-mère conçoit notre voyage. Pour la première fois, je vais être vraiment séparé de ma mère. Le chapeau et le manteau de Françoise. Peut-être ne lui a-t-il manqué que du savoir. L'exemple de Regulus. Ma grand-mère consent à me laisser boire de l'alcool. Dans le train. Je lis les Lettres de Mme de Sévigné ; leur "côté Dostoïevski". Nuit en train. Les levers de soleil. La vendeuse de café au lait : elle serait toujours absente de l'autre vie vers laquelle je m'en allais de plus en plus vite. Balbec-le-Vieux : l'église elle-même, les statues elles-mêmes ; pourquoi je suis pourtant déçu. Les stations sur le trajet du petit chemin de fer.
L'arrivée à Balbec-Plage. Le directeur du Grand-Hôtel. Impression de solitude : les habitués de l'hôtel, les rues de la ville. Le "lift". C'est notre attention qui met des objets dans une chambre, et l'habitude qui les en retire. La robe de chambre de ma grand-mère ; le coeur immense que m'ouvre son visage ; les coups à la cloison. Les doux instants matinaux ; l'effroi de coucher dans une chambre inconnue. Crainte de l'avenir, dût-il être plus heureux que le présent.

Début du séjour au Grand-Hôtel. Mlle de Stermaria. La mer reflétée dans les vitrines de la bibliothèque ; diversité de l'éclairage. Le vent dans la salle à manger : ma grand-mère cause un scandale. Les personnalités éminentes qui fréquentent l'hôtel ; le roi d'Océanie ; le jeune gommeux. La vieille dame riche en butte aux sarcasmes (Mme de Villeparisis). M. et Mlle de Stermaria ; leur morgue. Une actrice à la mode, son amant et deux aristocrates font bande à part. L'aquarium de l'hôtel. Le petit restaurant où vont dîner les quatre élégants. Je voudrais attirer l'attention du beau-frère de Legrandin, la sympathie du roi d'Océanie, du jeune gommeux, des notabilités. Je souffre surtout du mépris de M. de Stermaria, dont la fille présente des charmes héréditaires d'autant plus désirables qu'ils sont inaccessibles. Mon plaisir quand j'apprends que la vieille dame riche n'est autre que Mme de Villeparisis ; mais ma grand-mère s'obstine à ignorer son amie. Papotage des notabilités à propos des Cambremer. Singularités de Mlle de Stermaria ; mon rêve de la posséder dans un paysage romanesque. La bâtonnier répète tout le temps le nom d'Aimé, le maître d'hôtel. Le directeur général des palaces. Comment Françoise, en nouant des relations, contrarie notre vie quotidienne.

Mme de Villeparisis. Les promenades en voiture. Mme de Villeparisis et ma grand-mère finissent par s'aborder. Balbec, pointe extrême de la terre. Comportements différents d'Aimé et de Françoise. Mme de Villeparisis trouve que Mme de Sévigné manque de naturel. Elle a été autrefois ravissante. La princesse de Luxembourg. Elle nous traite comme des bêtes sympathiques. Mme de Villeparisis au courant du voyage que mon père fait en Espagne avec M. de Norpois. Nouveaux papotages des notabilités. Comment la bourgeoisie et le faubourg Saint-Germain se considèrent mutuellement.
Promenades en voiture avec Mme de Villeparisis. Les Mers différentes. Préparatifs aux promenades. Les branches des pommiers. La mer vue entre les feuillages. Mme de Villeparisis, femme de goût ; son libéralisme ; à l'exemple de Sainte-Beuve, elle juge les écrivains d'après ceux qui les ont vus de près. Je suis curieux de l'âme des belles filles qui passent. L'impossibilité de m'arrêter auprès d'elles me fait croire à leur beauté. On m'apporte une lettre : elle n'est que de Bergotte. L'église couverte de lierre de Carqueville. La belle pêcheuse : je sens qu'elle se souviendra de moi. Les trois arbres d'Hudimesnil. Rêve ? Réminiscence ? Faux souvenir ? Ma tristesse quand je les vois s'éloigner. La route du retour. Les grands écrivains du XIXe siècle vus par Mme de Villeparisis. Ses anecdotes : le duc de Nemours, la grosse duchesse de La Rochefoucauld. Ma grand-mère me vante Mme de Villeparisis. "Sans toi je ne pourrai pas vivre." Je souffre plus de son angoisse que de la mienne.

Robert de Saint-Loup. Bloch. Le baron de Charlus. Un jeune neveu de Mme de Villeparisis : Robert de Saint-Loup. Je me désole de sa froideur. En me présentant à lui, Mme de Villeparisis me donne involontairement une preuve supplémentaire de son insolence. Son témoignage de sympathie me conduit à réinterpréter son salut. Je découvre un Saint-Loup "intellectuel", différent de celui que je soupçonnais et qui parle de son père avec un peu de mépris. Par son naturel, Saint-Loup fait la conquête de ma grand-mère ; ses prévenances pour moi. Les séductions de l'amitié.
Un antisémite: Bloch. La colonie juive de Balbec. Les fautes de prononciation de Bloch. Il m'accuse d'être snob. La variété des défauts n'est pas moins admirable que la similitude des vertus. Chaque vice exige et développe un savoir spécial. Mauvaises manières et conversation inégale de Bloch ; ses gentillesses. Il désire se lier avec Saint-Loup. Le stéréoscope de M. Bloch père.
Saint-Loup me parle de son oncle Palamède. Je suis épié par un homme que je prends pour un escroc d'hôtel. Il s'agit du baron de Charlus, oncle de Saint-Loup. Mme de Villeparisis est donc une Guermantes. Origine du nom du baron de Charlus. Je reconnais en lui l'homme du raidillon de Tansonville. Ma grand-mère enchantée de M. de Charlus. Celui-ci m'invite à prendre le thé chez sa tante. Son curieux comportement. Les yeux de M. de Charlus. Son horreur des jeunes gens efféminés. Ma grand-mère lui trouve des délicatesses féminines. Ses goûts littéraires. Diatribe contre les Israël. Il m'apporte dans ma chambre un volume de Bergotte, puis me le reprend le lendemain en m'adressant un surprenant sermon.

Le dîner chez M. Bloch. Saint-Loup et sa maîtresse. Avec Saint-Loup, je vais dîner chez les Bloch. Les admirations d'enfance. Comment M. Bloch père "connaît" les gens célèbres, et notamment Bergotte. Il passe dans sa famille pour un homme supérieur. Le cercle des Ganaches. M. Bloch invective son oncle, M. Nissim Bernard. Celui-ci commet avec Saint-Loup un nouvel impair. Libéralités de M. Bloch. Une "gaffe" de son fils. Celui-ci a rencontré Mme Swann dans le train de Ceinture. Françoise déçue quand elle voit Bloch ; elle ne croit pas au républicanisme de Saint-Loup. Les partis pris de Saint-Loup. Ce qu'il doit à sa maîtresse ; comment celle-ci l'a pris en horreur ; les sacrifices auxquels il consent pour elle. Elle a récité des vers chez la tante de Saint-Loup. Souffrances de Saint-Loup. Ma grand-mère met une belle toilette pour se faire photographier ; elle a paru me fuir.

Apparition des jeunes filles. Les dîners à Rivebelle. Mon désir de la Beauté. Cinq ou six fillettes, telle une bande de mouettes... Leur accoutrement. La maitrise de gestes que donnent un parfait assouplissement de son propre corps et un mépris sincère du reste de l'humanité. leur beauté fluide, collective et mobile. Ce qui a pu les réunir. "C'pauvre vieux, i m'fait d'la peine". Première individualisation : une fille aux yeux brillants, rieurs, aux grosses joues mates, sous un "polo" noir (Albertine). Je croise ses regards. Désir de la posséder. Cette brune n'est pas celle qui me plaît le plus : le type physique de Gilberte demeure mon idéal. Le bonheur de connaître ces jeunes filles est-il irréalisable ? Les circonstances dont elles bénéficient. Ce bonheur est celui que j'eusse choisi entre tous. Le langage du lift. Le nom de Simonet. La rue vers la colline. Tableau de mer depuis ma fenêtre. Je suis dans des dispositions frivoles. Couchers de soleil. Je ne sais pas laquelle des jeunes filles est Mlle Simonet.
Dîners à Rivebelle. J'oublie mes règles d'hygiène. L'harmonie des tables astrales. Sensation de bien-être. La galerie des goûters, la salle de restaurant. Je perds toute crainte du danger. L'ivresse réalise pour quelques heures l'idéalisme subjectif. Les succès de Saint-Loup auprès des femmes. Rêves d'après dîner. Difficultés du réveil : celui-ci m'ouvre une nouvelle vie. Brusque remontée d'un souvenir jusque-là contenu parmi les autres.
Une photographie ancienne des jeunes filles, alors enfants, me montre comme elles ont changé.

La rencontre avec Elstir. L'atelier du peintre. Il connaît Albertine et ses amies. Un dîneur isolé à Rivebelle : le célèbre peintre Elstir. Saint-Loup et moi lui écrivons une lettre. Il m'invite à aller le voir à son atelier. Pourquoi il a choisi la solitude. Je croise une jeune fille qui porte un polo noir. Maintenant encore, je revois Albertine silhouettée sur la mer. Un petit monde à part où je rêve de pénétrer. Les habitudes des jeunes filles me sont inconnues. Je n'en aimais aucune, les aimant toutes. Quand nous sommes amoureux d'une femme, nous projetons simplement sur elle un état de notre âme.
Ma visite à l'atelier d'Elstir. Comment mon intelligence intervenait pour corriger mes impressions. Les métaphores d'Elstir : Le Port de Carquethuit. Nouveauté de l'art d'Elstir : il peint les choses telles qu'elles lui apparaissent, en se dépouillant de toutes les notions de son intelligence. Le porche de l'église de Balbec. Les sculptures, le chapiteau. Plus de rêve guérit du rêve. Elstir connaît Albertine et ses amies. Simonet avec un n. Les innombrables images d'Albertine. Mon hésitation entre les diverses jeunes filles de la petite bande cause peut-être les intermittences de mon amour pour Albertine. Elstir n'est plus que l'intermédiaire nécessaire entre les jeunes filles et moi. Le portrait de miss Sacripant. Mme Elstir. La beauté de la vie, refuge de l'artiste vieillissant. Mon amour-propre a pu abuser sur ma vraie nature. "Que j'aimerais aller à Carquehuit !". Je manque une occasion d'être présenté aux jeunes filles. Variations de la croyance. L'Albertine réelle et la série des Albertine imaginées. Miss Sacripant, c'était Odette. La manière de l'artiste date un tableau autant que la toilette du modèle. M. Biche, c'était Elstir. Elstir agit avec moi en vrai maître. Je suis apaisé par la probabilité de connaître les jeunes filles.

Départ de Saint-Loup. Je fais la connaissance d'Albertine, puis de ses amies. Ma grand-mère offre à Saint-Loup des lettres de Proudhon. Départ de Saint-Loup pour Doncières. Manque de tact de Bloch. Une lettre de Saint-Loup.
Beauté des natures mortes. Matinée chez Elstir. La volonté compense les illusions de l'intelligence et de la sensibilité. Nouveau visage d'Albertine. Je lui suis présenté : elle m'apparaît intimidée et "comme il faut". Je repense aux différentes Albertine. Albertine m'aborde sur la digue. : je retrouve son ton rude et ses manières "petite bande". Le grain de beauté. "Je suis dans les choux". Bloch assez joli garçon, mais antipathique, aux yeux d'Albertine. Albertine et moi projetons de sortir ensemble. Papotages et confidences d'Albertine. Froideur d'Andrée à mon égard. Saint-Loup serait fiancé à une d'Ambresac. Intelligence d'Albertine. Mensonge d'Andrée. Comment j'interprète le comportement de Gisèle. Dureté d'Albertine à son égard. Perspectives d'amour pour Gisèle : Albertine ne me plaît plus. Les jeunes filles à la saison des fleurs ; que seront-elles plus tard ? Mes journées avec elles. Andrée préfère causer avec moi. Ressemblances de nos amours successives. Singularités du caractère de Françoise. J'ai appris à voir Balbec par beau temps ; les courses de chevaux, les régates. Les étoffes de Fortuny. Rêves de luxe d'Albertine. Esquisse des Creuniers. Comment je vois désormais la mer. Les soeurs de Bloch. Goûters sur la falaise ; pourquoi je préfère les gâteaux aux sandwiches. Mes jeux avec les jeunes filles. Le spectacle de formes toujours mobiles que m'offrent les jeunes filles. L'amitié est une abdication de soi : les artistes ont le devoir de vivre pour eux-mêmes. Le plaisir que je goûtais près des jeunes filles : aimer aide à discerner, à différencier ; pourtant, l'individu baigne dans quelque chose de plus général que lui ; le langage des jeunes filles. La composition de Gisèle : lettre de Sophocle à Racine. Commentaires pertinents et érudits d'Andrée. Amoureux de plusieurs jeunes filles à la fois, c'est au désir d'aimer que je suis avant tout attaché. Le souvenir et la perception : chaque être est détruit quand nous cessons de le voir.

Je préfère Albertine. Le baiser refusé. Harmonieuse cohésion rompue en faveur d'Albertine : la partie de Furet ; les mains d'Andrée et celles d'Albertine. Ruse d'Albertine ; ma méprise et sa colère contre moi. Promenade aux Creuniers avec Andrée : ce que me disent les aubépines. Je doute de la bonté profonde d'Andrée. Les Creuniers ; je sais maintenant que j'aime Albertine ; au retour, j'observe ma chambre du point de vue égoïste qui est celui de l'amour. Je feins de préférer Andrée à Albertine. Le "justement" d'Andrée. Je cherche à connaître Mme Bontemps. Albertine doit venir passer une nuit au Grand-Hôtel. Le golf et le diabolo. Octave considère Mme de Villeparisis comme une "arriviste". Albertine me propose d'aller passer la soirée dans sa chambre. L'Albertine réelle s'incarne dans l'Albertine imaginaire. Je trouve Albertine dans son lit. Mon ivresse. Le baiser refusé.

Ce que sont devenues pour moi les jeunes filles. Fin du séjour à Balbec. Souvenirs de l'été. Mes rêves se détachent d'Albertine. L'attraction qu'elle exerce, la vogue qu'elle a obtenue : ainsi s'explique qu'elle ait gardé le silence sur la scène qu'elle a eue avec moi auprès de son lit. Pourquoi m'a-t-elle fait venir ce soir-là ? Le petit crayon d'or. Sa franchise m'a donné une grande estime pour elle ; le noyau moral qui subsiste au milieu de mon amour. Comment je me suis trompé au sujet d'Andrée : elle en qui je voyais une créature saine et primitive est trop semblable à moi. Mon amour pour les jeunes filles demeure indivis ; mais les traits de leurs visages ont commencé à se fixer. Les différentes Albertines ont créé autant de "moi" différents. Les vierges impitoyables et sensuelles sont devenues à mes yeux d'honnêtes jeunes filles bourgeoises. Un peu de merveilleux subsiste pourtant dans les rapports que j'ai avec elles.
Arrivée du mauvais temps. Départ soudain d'Albertine. L'hôtel se vide. Mécontentement et projets du directeur. Jours de pluie : de nouvelles relations. Mon désir de revenir à Balbec, dans la même chambre.
Souvenirs de l'été : la lumière de la belle saison, mes amies sur la digue tandis que je suis encore couché, Françoise ouvrant mes rideaux.





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Marcel Proust - A la recherche du temps perdu - Texte intégral en français

Remembrance of Things Past (In Search of Lost Time), translated from the French by C. K. Scott Moncrieff

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